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Film: Une vie de chat

Société Culture

Un dessin animé de Jean-Loup Felicioli, Alain Gagnol. 1h10mn, sorti mi décembre 2010.

Et zou! Encore un billet sur un bon film. Car le film est bon! Il peut même se résumer au mot qu'a laissé échappé ma femme en sortant de la salle:

Percutant !

En effet. Servi par des dessins surréalistes, on se retrouve vite ancré dans une réalité poignante et difficile avec des personnages extrêmement variés, tirant d'Arsène Lupin, des choristes, les tontons flingueurs... Tous très ancrés dans le réel tant on a l'impression de pouvoir les toucher, les héler. L'histoire est belle, sensible, fantastique, drôle aussi.

On est allé voir ça avec les enfants en hésitant avec Animaux & Cie... Oubliez les autres animaux, ne gardez que le chat !

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Catégories : Société, Culture

 Palm est mort, longue vie à HP !

Technologie

Palm est une société californienne née en 1992 à Sunnyvale. Leur produit le plus remarquable et populaire est sans conteste le Palm Pilot. Vous savez, ces petits compagnons ressemblant à s'y méprendre à des smartphones d'aujourd'hui, mais qui étaient noirs et blancs, avaient besoin d'un stylet et ne faisaient pas téléphone.

En perte de vitesse au milieu des années 2000 (notamment dû à leur retard technologique,) John Rubinstein reprend la boite et passe à la vitesse supérieure. John vient d'Apple où il a fortement contribué au développement de l'iPhone. Sortent par la suite le Palm Pre puis le Palm Pixi, deux smartphones dont l'innovation principale sera le système d'exploitation: webOS. Malheureusement, c'est trop peu pour redresser la barre et Palm est à vendre.

C'est Hewlett Packard qui s'y colle en avril 2010. HP a besoin d'une présence sur le marché des smartphone et des tablettes tactiles. Leur principal problème: Ils n'ont pas de système d'exploitation. Plutôt que de sauter dans le wagon Android, comme tous ses concurrents, HP se paye donc webOS.

Hier, HP a introduit une nouvelle vague d'appareils tournant sous webOS, tous sous la marque HP.

Palm a donc bel et bien disparu. Ce fut une bien belle histoire. Merci à tous.

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Catégories : Technologie

 RER A: Anatomie d'un incident voyageur

Société

Ce soir, je suis rentré chez moi par le RER A. De Paris, je prends la ligne A1 en direction de Saint-Germain-En-Laye. Et là, un incident voyageur, ces choses lointaines, dont on entend le nom par les hauts-parleurs grésillants des anciennes rames de RER, ces choses qui nous retardent et qui nous laissent finalement indifférents tant elles font parties du décor quotidien. Là. Sous mes yeux ébahis. Devant mon impuissance d'un coup flagrante. Le récit:

19:29, Charles De Gaulle - Etoile. Les gens entrent dans le RER alors que je suis assis. D'un coup, la sonnerie de fermeture des portes retentit, alors que que la petite lumière rouge au dessus de celles-ci se met à clignoter. Le signal est bien connu de nous autres, habitués des transports: Les portes vont se fermer.

Au loin, on voit surgir du fond d'un couloir une dame qui a l'air ma foi bien pressée. Elle court à vive allure vers la rame de RER afin — semble-t'il — d'y bondir avant que les portes de cette dernière ne se referment. Machinalement, les gens se poussent afin d'éviter le choc d'une entrée fracassante qui semble inévitable.

Alors que les portes commencent leur rapide mouvement qui leur permet de se rejoindre, la femme n'en a pas encore franchie le pas. Les voyageurs retiennent leur souffle devant cette lutte haletante contre la montre. D'un côté: Les portes, froides, mécaniques, qui ont déjà entamé leur fermeture et qui semblent inhumaines, dénuées de toute compassion envers leur adversaire. Sans pitié. De l'autre côté: Une femme qui semble déterminée, à la volonté sans faille, forte et pourtant si faible de par sa volonté farouche d'attraper le RER de 19:29 et aucun autre. Le mouvement de la course fait entrouvrir son manteau et son sac — qu'elle tient à la main pour plus d'aisance — se balance d'un mouvement aérien.

Et soudain c'est le choc. Un mouvement confus et rapide s'agite dans l'embrasure des portes: La femme est prise entre les deux portes, tout le monde est stoppé net. Contre toute attente, personne n'a gagné et la lutte — dont l'issue semblait incertaine mais rapide — n'est pas terminée. La femme se débat, les pompes hydrauliques couinent, les portes ne lâchent pas de terrain et le suspense se fait intenable. C'est alors que la femme se tourne de profil afin de se faire plus fine et s’engouffre dans le wagon. Victoire par KO! Les portes prises par surprise n'ont pas le temps de bloquer l'intruse à temps! La voilà donc à l'intérieur du wagon alors que les portes se referment derrière elle, rageuses, hargneuses, vaincues.

La femme, elle, a le sourire au visage. La victoire est maintenant acquise. Après une lutte âpre, elle n'en est que plus belle et la tension retombe enfin dans le wagon qui reprend doucement le cours de ses activités.

Soudain, le visage de la femme s'assombrit. Quelque chose la mine, la tourmente. Rapidement elle se retourne et l'inévitable s'est produit: les portes, adversaires sans honneur, sans valeurs, avaient contre toute attente porté un coup bas. Si la femme était rentrée, son sac à main, lui était resté coincé dehors. La femme n'en tenait dans sa main que les anses qui se terminaient entre les deux portes.

La victoire prenait soudain un goût bien amer. Les portes qu'on avait un instant cru vaincues n'avaient en fait pas tout-à-fait perdu.

Paniquée, affolée, la femme tirait sur les portes un instant, sur son sac à un autre. Quelques passagers debouts vinrent alors l'aider, mais rien n'y fit. Les mâchoires d'acier s'étaient bien refermées, et rien n'aurait alors pu les faire bouger.

Lentement, majestueusement, le RER se mit à bouger. Il fallut s'y résoudre: le sac devrait voyager sur le pas de la porte, tel un invité indésirable, rejeté, mail aimé.

C'est inquiète et tendue que notre inconnue attendit la prochaine station. Dans quelques instants à peine, l'incident serait oublié, le sac restitué, la victoire consommée.

19:31, La Défense. A la Défense, les portes du RER s'ouvrent à droite, alors qu'à Charles de Gaulle, c'est à gauche. Quelle déception que de voir les portes rageuses rester indéfiniment fermées, alors que les gens entrent et sortent à loisir de l'autre côté. Les portes, qu'on a bien cru vaincues tiennent ma foi une bien bonne revanche!

Après une courte discussion avec d'autres voyageurs, il apparaît qu'il va falloir encore attendre 3 stations avant d'en trouver une où les portes vont s'ouvrir du bon côté. Une attente longue, tendue, insupportable.

19:33, Nanterre Préfecture. Encore une fois, ce sont les portes de droite qui s'ouvrent. Un jeune homme s'approche de la femme, toujours captive des portes. Après une courte discussion, le jeune homme s'approche d'un pas ferme du bord de la porte et tire le signal d'alarme.

L'incident voyageur.

Là, une légère cacophonie s'ensuit. L'homme se fait houspiller pour son acte jugé "incivil" par certains. Il se fait remercier par d'autres. Il est tour à tour adulé, méprisé, remercié, dénigré. Il s'énerve, se justifie, dit qu'il n'y en a que pour quelques minutes... Une jeune femme munie d'une trottinette dit qu'elle va aller voir le conducteur pour lui expliquer la situation, prétendant qu'avec son engin à roulette elle ira plus vite. En même temps la femme panique, accrochée désespérément aux deux lanières en cuir qui dépassent de la porte gémit à qui veut l'entendre ne me laissez pas. Des gens la rassurent, lui expliquant que le conducteur doit venir pour désarmer le signal avant de pouvoir repartir, il n'a pas le choix. Et l'attente commence.

Dans un silence entrecoupé de remarques acerbes envers le "couple" improbable les minutes passent. La tension est palpable. Les gens s'impatientent.

19:45, Nanterre Préfecture. Le conducteur arrive. Il est de bonne composition, il grommelle peu. Après une courte explication, il décompresse les portes côté mur afin de pouvoir libérer le sac qui peut enfin rejoindre sa maîtresse. La femme remercie alors les voyageurs de la rame, s'excuse et s'en va, prendre le RER dans l'autre sens puisque sa destination était la Défense. L'homme regarde la rame qui lui est désormais hostile et sors lui aussi pour monter dans le wagon de devant, où il n'est qu'un inconnu.

Et la vie repart.

Bilan: Pour faire gagner 12 minutes à une femme, on en a fait perdre 15 à 500 personnes.

Catégories : Société

 Wikileaks: On croit rêver

Société Presse & Médias Technologie

J'écrivais hier un billet sur Wikileaks, dans lequel je disais que le site de "révélations" ne fait finalement que révéler. Il n'est pas la cause du problème.

Et je ne croyais pas si bien dire...

20 minutes a décidé hier de relayer des informations publiées par Wikileaks dans son journal. Bien sûr, ils nous rassurent:

Il n’est pas question de mettre en péril l’issue de discussions politiques stratégiques pas plus qu’en danger, évidemment, la vie d’agents de renseignements identifiables ou même la réputation de diplomates. Pas de codes. Pas de nom qui ne soit justifié. Juste le souci de rendre l’information accessible au plus grand nombre, et de donner du sens à notre crédo, le «droit à l’information» pour les trois millions de lecteurs de 20 Minutes.

Mis à part un petit écart sur les premières révélations sur l'Afghanistan l'an dernier, dont a fait son mea-culpa, on retrouve le code de conduite que Julian Assange (fondateur de Wikileaks) s'impose lui aussi. Et c'est bien ce que le gouvernement américain lui reproche: prendre lui-même la décision de quoi publier, alors que le gouvernement américain a déjà interdit la publication des documents (puisqu'ils sont classifiés "secret défense.")

En résumé donc, 20 minutes se met ouvertement au même niveau que Wikileaks. Deux options donc:

  • Finalement, Wikileaks n'est pas si terrible que ça;
  • 20 minutes est devenu une organisation terroriste (selon la terminologie même de nombreuses source d'information nord américaines)

Je vous laisse deviner l'option la plus crédible...

Il est aussi à noter que le New York Times, probablement jaloux de l'exposition que Wikileaks attire depuis quelques mois se dit considérer l'option d'accepter des "leaks" anonymes, sous la même forme que Wikileaks...

Références

 Wikileaks: Quelle issue possible?

Politique Société Technologie

Situation

Où en est Wikileaks aujourd'hui? Pas plus mal qu'hier on va dire. Peut-être même mieux.

Après quelques attaques en règle, une défection de certains "partenaires" du site (paiement, hébergeurs, registrar) le site est de nouveau debout. Evidemment, la situation est un peu plus précaire qu'avant, notamment financièrement, mais les choses reviennent tout doucement à la normale.

Le problème: quel problème?

Eh oui. Finalement, où est le problème avec Wikileaks?

Des gens ont décidé de diffuser des informations 'secrètes'. Les vrais coupables là dedans sont les gens qui donnent les infos à Wikileaks, pas tellement le site qui les publie. De fait, si on suit la façon dont Internet est articulé aujourd'hui, on ne peut rien faire ou presque contre un site de la sorte. En tout cas techniquement.

En plus, au vu de toute la publicité que l'affaire aura donné à Wikileaks, le site s'en retrouve plus fort. Et il a fait beaucoup d'émules.

Assange va-t'il tomber?

Peut-être, peut-être pas. Difficile à dire.

Si Assange tombe ce sera juste pour montrer l'exemple et cela n'aura à mon sens aucun effet tangible. D'autres sites verront le jour et ceux-là ne seront pas aussi facilement identifiables. Wikileaks continuera sans doute sans lui.

Le fond du problème

Le fond du problème est la nature même d'Internet: Un média accessible à tous, autant pour lire que pour publier. Cela permet de diffuser à la terre entière en quelques clics. Du coup, tout le monde publie ce qu'il veut.

Le problème n'est donc pas Wikileaks. Wikileaks est juste un révélateur.

Est-ce un mal?

La question est complexe.

D'un côté, comment vivre dans un monde sans secret? C'est très compliqué car on a tous besoin de notre "petit jardin secret." Pour être honnête, on conservera cette possibilité. C'est les états et autres organisations qui vont être impactés. Là aussi, les secrets sont légion.

D'un autre côté, est-ce que le fait de pouvoir tout garder secret n'est pas un pouvoir un peu trop dangereux? Le peuple a besoin de transparence pour pouvoir juger du travail accompli et prendre des décisions informées. Tout le système démocratique repose sur cette notion.

Pour conclure, je ne sais pas si c'est un mal ou un bien. Ce que je pense par contre, c'est qu'il va falloir s'y habituer, car ça n'est pas prêt de s'arrêter.